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School of PO 2019 : Maximum impact, minimum effort – par Gojko Adzic

Maximum impact, minimum effort

Par Gojko Adzic

C’est par le Papa de l’Impact Mapping, lui-même, que s’est ouverte cette journée de conférence. Pour être sûr de se jeter à l’eau tout de suite, Gojko a donné sa conférence en anglais, son français ne lui permettant que de tout juste compter jusqu’à dix, de son propre aveu.

Sans surprise, Gojko nous a offert une prestation de haute volée, en commençant par nous sensibiliser sur le gaspillage sous toutes ses formes et le problème qu’ont les entreprises d’aujourd’hui pour identifier dans quelle direction aller. Il affirme que près de 1400 milliards d’euros sont perdus chaque année dans le développement de fonctionnalités inutiles. Dans ce sens, il nous a rappelé trois dangereuses illusions :

Ce que l’utilisateur demande représente ce dont il a besoin
Par exemple, des utilisateurs (d’une entreprise dont le nom nous a échappé) ont demandé à ce que leur tableaux de bords fournissent des infos en temps réel. L’équipe technique et les architectes ont dû repenser toute l’infrastructure, avec à la clé un lourd budget et un délai de plusieurs mois. Au bout de six mois, l’équipe a découvert que la notion de “temps réel” demandée concernait simplement un reporting actualisé quotidiennement. Pour cela, une simple reconfiguration des batch aurait suffi.

Ce que quelqu’un d’important vous demande génère de la valeur
Chez Google cette fois, c’est le Responsable Design qui a commis l’erreur de demander une évolution concernant les couleurs de la charte graphique, pour utiliser notamment un bleu “qui se remarque plus facilement”. Malheureusement la teinte n’a été décidée que sur la base d’impression en haute définition. L’impact n’était pas du tout le même sur l’écran d’un smartphone standard ou low-cost. Même le Responsable Design de Google peut se tromper.

Nous sommes bons pour estimer la valeur d’une fonctionnalité
Après avoir rappelé que le plus souvent les deux tiers des fonctionnalités sont inutiles, Gojko nous a invités à nous demander combien nous avions retiré de fonctionnalités au cours de l’année dernière. Sommes-nous vraiment meilleur que le reste du monde ? Un constat sans appel.

Son intervention se poursuit avec les dimensions imprévisibles :

l’environnement

le temps

l’humain
les gens peuvent changer d’avis ou ne pas se comprendre, comme nous l’avons vu avec le reporting temps-réel

Gojko poursuit en évoquant les 3 principes de Peter Palchinsky (ingénieur russe, 1875 – 1929) qui a inventé le Lean Startup avec un siècle d’avance :

La variation
Chercher de nouvelles idées et essayer de nouvelles choses

La capacité de survie
Explorer de nouvelles approches, tenir compte de l’échec probable pour ne pas mettre en péril le projet

La sélection
Obtenir du feedback et des apprentissages des échecs

Gojko utilise ensuite une métaphore intéressante pour nous présenter son célèbre Impact Mapping. Il pose le postulat que les plans linéaires sont problématiques en nous montrant un Backlog présenté sous la forme d’une liste. Sans connaître le projet, il est difficile d’en distinguer les aspects et les enjeux. Il nous montre ensuite le plan permettant de se rendre à la School of PO, qui montre les rues autour du centre de conférence. Bien que personne n’ait besoin de parcourir l’ensemble de ces rues, elles sont affichées en tant que repères. C’est ce que Gojko utilise dans l’Impact Mapping. Il met en comparaison les différentes opportunités de façon plus visuelle que dans une liste ordonnée. Il termine ce point avec humour en souhaitant qu’un jour nous ayons un GPS permettant d’avoir automatiquement le plan, action par action au bon moment. Mais qu’il ne fallait pas perdre de vue que, comme un GPS, après chaque livraison (après chaque carrefour) il fallait analyser si la décision était bonne ou pas, et être prêt à changer son plan le cas échéant (replanifier l’itinéraire automatiquement).
Il conclura avec une simple phrase : le changement de comportement possède une valeur potentielle.

Enfin, l’Impact Mapping s’affiche à l’écran. D’apparence très simple, cet outil n’en est pas pour autant facile à appréhender, nous prévient Gojko.

Il nous propose 4 contextes d’application pour cet outil, en donnant à chaque fois les points d’attention pour l’utiliser au mieux :

Cibler la livraison

Les objectifs sont connus, mais ils sont trop nombreux
Se mettre sincèrement d’accord sur le but, l’objectif à atteindre
Créer la carte ensemble, équipe et parties prenantes
Se focaliser sur les livrables de haut niveau
Identifier les métriques des impacts attendus
Revoir fréquemment les métriques d’impact pendant toute la construction
Son conseil : créer un tableau de bord d’équipe

Recadrer un problème

Quand les objectifs sont flous ou non partagés
Une seule personne collecte l’information
De petits groupes de travail et des réunions fréquentes
Se concentrer sur les éléments de haut niveau, en évitant les détails
Identifier et mesurer les métriques de l’objectif
Son conseil : ne travaillez pas sur les acteurs, travaillez sur les impacts. Laissez émerger les acteurs

Définir une vision

Quand des solutions sont fournies à la place des objectifs
Faites un brouillon de votre objectif
Les parties prenantes clés travaillent ensemble sur la cartographie
Discutez des impacts, pas des livrables
Formaliser sa vision dans un document, tel un appel d’offre
L’équipe technique et les livrables viennent plus tard
Son conseil : montrer un exemple d’lmpact Mapping d’un domaine similaire

Changer de stratégie

Quand un groupe veut trouver de nouveaux objectifs
Le groupe impacté crée sa cartographie
Les parties prenantes passent en revue apostériori
La cartographie contient des actions détaillées
Son conseil : séparer les contraintes culturelles de celles liées à l’environnement sur la cartographie

Gojko termine son intervention en nous invitant à suivre la sortie prochaine de son nouvel ouvrage sur https://www.impactmapping.org/new-book .

© SOAT
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