Débutant Intermédiaire

Artistes & spécificateurs : allons plus loin

Cet atelier adapté par Alistair Cockburn permet de démontrer l’importance des communications orales, des valeurs des méthodes agiles et de l’amélioration continue dans une équipe. Vous pouvez retrouver l’article ici

Rappels de l’exercice existant

L’objectif de l’équipe de réalisation est de reproduire un dessin, donné par le client. Ceci est fait 3 fois (il y a donc 3 itérations) avec à chaque itération des règles différentes.

3 rôles dans l’équipe de réalisation :
Artiste, spécificateur et messager (rôle porté par un des spécificateurs)

1 rôle hors de l’équipe :
Le client (rôle porté par l’animateur de l’atelier)

Lors des 3 premières itérations, les artistes doivent reproduire un dessin donné par le client aux spécificateurs, via des instructions entre spécificateurs et artistes. Chaque itération a des règles différentes, pour que les contraintes senties par l’équipe dès le début soient retirées au fur et à mesure de l’avancée dans l’atelier.

Limites perçues

  • Le client ne donne jamais ce qu’il veut en version déjà finie pour qu’on le reproduise. On a souvent une phase d’expression du besoin ou recueil du besoin qui est nécessaire afin de comprendre ce que veut le client et comment nous pouvons y répondre.
  • Au dernier tour, la valeur apportée par le rôle de spécificateur est remise en cause. J’entends souvent des “Mais ça irait plus vite si les artistes ont accès directement à la demande du client”. Et comme vu au-dessus, effectivement le rôle de spécificateur n’est qu’un passe-plat entre le client et l’artiste, puisqu’il s’agit de recopier un dessin existant, sans analyse ou réflexion particulière.
  • Souvent, la dernière itération voit la disparition de toute communication écrite. L’exercice étant d’une durée assez courte, il n’y a pas d’oubli (ou peu) et le spécificateur a accès en permanence aux artistes et au client. Ce qui là aussi n’est pas très représentatif. Sur un projet ou produit qui se déroule sur plusieurs semaines/mois/années, il y a de fortes chances pour que l’on oublie ce que l’on s’est dit à l’oral. Il faut imaginer également l’arrivée d’une nouvelle personne dans l’équipe, à qui il faudrait redonner toutes les informations, de tête. Le client, les spécificateurs et les artistes doivent se répéter plusieurs fois, ce qui peut être pénible et même créer des problèmes, si l’on ne se rappelle plus de ce que l’on avait dit et que l’on donne une autre information.
  • Le client n’est jamais autant disponible dans la réalité, et les artistes ne verraient pas d’un bon oeil le fait d’avoir les spécificateurs regardant en permanence derrière leur épaule lorsqu’ils travaillent.

Proposition d’amélioration de l’atelier : Une 4ème itération !

Les règles de cette itération :

  • Avant le début du sprint, le client donne la vision de ce qu’il veut aux spécificateurs, dans une salle à part (ou à défaut sans que les artistes n’entendent). Il faut être inventif sur cette partie là en tant que client/animateur. Il ne faut pas demander quelque chose de trop simple ou d’existant.
    Exemple : Je voudrais un objet volant motorisé, mais qui ne soit pas un avion.
  • Suite au partage de cette vision, les spécificateurs peuvent poser autant de questions qu’ils le souhaitent, pendant 2 minutes. ATTENTION : à partir de ce moment et sur toute la durée de l’itération, le client ne répond qu’une seule fois aux questions.
    => l’objectif est de les obliger à prendre des notes pour ne pas oublier.
  • Spécifications écrites, parole et croquis (pas de dessin d’ensemble fait par les spécificateurs) autorisés entre artistes et spécificateurs.

Conclusion

Cette dernière itération est généralement bien vécue par les équipes avec qui j’ai pu tester cette variante de l’atelier. Les principes de co-construction se retrouvent mieux que dans les itérations précédentes, chaque individu ayant ses connaissances et idées, différentes des autres membres de l’équipe. Souvent les équipes réfléchissent ensemble sur la solution à présenter au client, avec parfois des itérations de propositions faites en demandant le feedback du client.

De même, si les échanges et les réflexions se font souvent à l’oral, la prise de notes (entre autres les réponses du client, puisqu’il ne les donne qu’une seule fois) reprend du sens, afin de sauvegarder les décisions prises pour ne pas oublier pendant l’itération la couleur demandée par le client par exemple.

Pour le debriefing de l’exercice, il reste le même que la version sans l’itération que je rajoute. Travail collaboratif, feedback client, communication orale plus efficace que communication écrite pour la prise de décision, etc.

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