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Agile Tour Lausanne 2016 : on y était !

Le 25 novembre dernier se tenait l’Agile Tour Lausanne dans sa version 2016. Et Soat y était !
Cette année, l’étape lausannoise de l’Agile Tour était consacrée aux valeurs agiles. Cela se reflétait clairement dans le programme : les conférences de Marie-Christine Pessiot, The 4 Values of Agile Manifesto, et de Jean Pierre Rey, Les Valeurs Dans Le Management Agile ouvraient et fermaient la journée.
Je vous propose de partager mes impressions sur les différentes conférences et atelier que j’ai pu suivre : « Et la responsabilité dans tout ça ? », « Building Trust inside a Team » et bien sûr la session de « Stack Race » animée par Charles-Louis de Maere dont j’étais l’invité spécial puisqu’il s’agissait de mon jeu.

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En préambule, voici un récapitulatif des valeurs du Manifeste Agile :

  • Les individus et leurs interactions plus que les processus et les outils,
  • Des logiciels opérationnels plus qu’une documentation exhaustive,
  • La collaboration avec les clients plus que la négociation contractuelle,
  • L’adaptation au changement plus que le suivi d’un plan.

Et la responsabilité dans tout ça ?

Charles-Louis de Maere, coach chez Pyxis, nous proposait ici une présentation du modèle de responsabilité de [Christopher Avery], qui a mené des recherches sur le sujet.

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  • Responsibility: Owning your ability and power to create, choose, and attract
  • Quit: Giving up to avoid the pain of Shame and Obligation
  • Obligation: Doing what you have to instead of what you want to
  • Shame: Laying blame onto oneself (often felt as guilt)
  • Justify: Using excuses for things being the way they are
  • Lay Blame: Holding others at fault for causing something
  • Denial: Ignoring the existence of something

Ce modèle consiste en une échelle de processus mentaux. Lorsqu’on est face à une difficulté, on commence généralement par l’échelon du bas : un reproche. Si on refuse ce reproche, généralement, on passe à l’échelon supérieur : l’excuse (celle qui expliquerait pourquoi ce n’est pas vraiment de notre faute). Et on peut grimper l’échelle comme ça jusqu’en haut.
Cet outil permet de caractériser ses propres réactions et vérifier si le niveau correspondant nous convient ou si l’on souhaite tenter de progresser vers une vraie prise de responsabilité.
Même si Charles-Louis a étayé sa présentation de nombreux cas concret, j’ai toujours du mal à imaginer une application réelle et volontaire de l’échelle dans les cas de déni ou de reproche. Le niveau de recul nécessaire pour caractériser sa réaction dans ce genre de situation me paraît peu réaliste ou du moins peu répandu.

Stack Race

Ensuite, je suis resté en compagnie de Charles-Louis de Maere qui animait une session multi-table de Stack Race, un serious game que j’ai imaginé il y a quelques temps et que je vous avais présenté sur le blog.
C’était évidemment une grande fierté de voir cet atelier choisi pour l’Agile Tour Lausanne et surtout une expérience très enrichissante. Voir le jeu animé par quelqu’un d’autre donne de nombreuses idées pour les prochaines fois où je l’animerai. Charles-Louis a été remarquable dans l’exercice en étant à la fois ludique et didactique. Je lui tire d’ailleurs mon chapeau pour le tour de force qui consistait à suivre 5 tables et à les coordonner parfaitement, le tout dans une bonne humeur rafraichissante. Cela a aussi été l’occasion d’obtenir des retours de nouveaux participants et je n’ai pas été déçu. Certains m’ont mis en évidence un enseignement que l’on peut tirer du jeu et que je n’avais pas anticipé : le moment où on établit les estimations est important. S’il est trop loin du planning, les estimations sont probablement (encore plus) fausses et sont à refaire. C’est typiquement le cas dans le jeu puisqu’on établit son meilleur score très tôt et qu’on utilise ce nombre beaucoup plus tard, dans un planning ultérieur.
Voir ce jeu animé par quelqu’un d’autre et les conclusions des participants me conforte dans l’idée que le jeu est assez représentatif des situations vécues dans les équipes agiles.

Building Trust Inside a Team

img_20161125_154357J’ai ensuite participé à l’atelier sur la construction de la confiance au sein d’une équipe animé par Silvanna Wasitova. L’exercice initial était assez impressionnant. En binôme, avec une personne que nous ne connaissions pas, nous devions nous regarder dans les yeux, sans parler, et mentalement donner une note au niveau de confiance qu’on accorde à notre binôme. Ensuite, nous devions dessiner les évènements de notre vie professionnelle ET personnelle qui ont fait de nous les personnes que nous sommes. Puis, chacun notre tour, nous avons présenté et expliquer nos dessins à nos binômes. Enfin, nous avons dû réviser notre « niveau de confiance ». Majoritairement, les gens ont mis une deuxième note plus élevée que la première. En moins de 10 minutes, nous venions de vivre, voire de créer, « un gain de confiance » !
A partir de cet exercice l’assistance a été amenée à réfléchir sur les raisons qui ont fait qu’on avait moins confiance au début et pourquoi notre note à augmenter ensuite. Cela nous a permis d’établir ensuite des raisons qui font que la confiance est importante et devrait être recherchée dans les équipes. Cependant, j’ai été personnellement déçu que la présentation ait été essentiellement théorique. J’aurais aimé repartir avec quelques pistes, voire quelques idées d’ateliers, outre l’exercice initial, à utiliser au sein de mes équipes.

Bilan

L’événement était très bien organisé et globalement accessible à tout public ; peu de conférences étaient réellement intrinsèquement liées au développement logiciel, secteur qu’on associe traditionnellement à l’Agilité (les co-signataires du Manifeste Agile ont – presque – tous travaillé dans l’IT avant de se réunir et d’écrire leur célèbre texte). J’ai été étonné du public présent lors de l’évènement, très différent et plus varié que celui qu’on rencontre dans des occasions similaires à Paris. Difficile de dire si le contenu s’est adapté au public ou si l’évènement attire des gens d’autres horizons du fait de son orientation plus accessible. En tout cas, cela fonctionne plutôt bien.
Plus encore cette année, l’ouverture a continué en consacrant une bonne partie des conférences au « management ». C’est le cas des conférences de Marie-Christine Pessiot et de celle de Jean Pierre Rey dont je parlais un peu plus haut mais aussi de celles d’Olivier Wagner et d’André Mooser par exemple. Une initiative à saluer puisque le manager est trop souvent oublié des articles et présentations agiles.
Seule la note de clôture dénotait peut-être un peu : brève et peu construite elle fera sans doute partie des points d’amélioration pour la prochaine édition.

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