Intermédiaire

Chiffre-moi un avion

Hours Historiquement, les projets et leurs tâches étaient chiffrés en jours-hommes par des chefs de projets ou architectes techniques. Avec l’arrivée des méthodes agiles (Scrum, XP ou Kanban pour ne citer qu’elles), cette façon de chiffrer est remise en cause par une approche non plus absolue mais relative, et on entend parler de Story Points.

Bien que très utilisée, cette méthode de chiffrage reste compliquée à appréhender. Alors si vous aussi vous avez du mal à expliquer ce que représentent les Story Points, ce serious game pourra vous aider.

Bien qu’au départ pensés pour chiffrer les User Stories, nos Story Points peuvent être utilisés pour chiffrer n’importe quel typologie d’items de votre backlog, peu importe comment vous les appelez ou ce qu’ils représentent.

C’est une façon de chiffrer, non pas en heures ou en jours, mais de manière plus abstraite, et surtout relative, en comparant nos items les uns par rapport aux autres, et en prenant en compte différents facteurs :

  • La complexité Complexity
  • L’effort nécessaire (tâche répétitive) chainwork
  • L’inconnu (c’est qui lui ? comment ça on chiffre ce qu’on ne connait pas) Unknown

Le but de cet article n’étant pas de comprendre pourquoi chiffrer en Story Points est plus utile que le chiffrage jour-homme (je vous invite à lire l’article suivant pour cela : L’utilisation des Story Points en mode Agile ), mais de vous proposer un atelier pour vous aider à expliquer l’intérêt de cette méthode.



Description de l’exercice

Planning-poker-soatOk c’est un chiffrage abstrait, mais du coup comment en comprendre les subtilités et expliquer à une équipe qu’elle doit maintenant chiffrer en prenant en compte des notions comme la part d’inconnu liée à une tâche ?

Je vous propose ici un serious game qui va vous faire explorer chaque paramètre du chiffrage en Story Points, et ceci avec des pliages d’avions en papier.

Le jeu se fait en 4 tours, de 10 minutes maximum chacun. Entre chaque tour, faîtes un petit debriefing sur le ressenti, le pourquoi des écarts de temps entre les personnes et les tours, etc

Chaque tour étant ponctué d’un chiffrage, vous pouvez utiliser le planning poker pour faire ce chiffrage.



Préparation/matériel

Pour l’exercice, il vous faudra :
* Des feuilles A4 (en prévoir au moins 6 par participant à l’exercice)
* Un tableau (ou paper board ou une grande feuille si vous êtes venus les mains dans les poches)
* Un feutre ou stylo
* Avoir imprimé les instructions de chaque avion à faire
* Un chronomètre

Avant l’exercice, il faudra avoir soi-même fait les pliages des avions en papier pour les montrer aux participants.

Préparez le tableau avec autant de lignes que de participants et 6 colonnes. Dans la première, on notera les noms, dans la 2ème, le temps estimé au premier tour, dans la 3ème, le temps réalisé au premier tour, et dans les suivantes, l’estimation en story points puis le temps réalisé par tour.



Consignes

Premier tour (point d’apprentissage : prendre une référence)

  • Montrer un avion et ses instructions. Par exemple : tour 1
  • Demandez le temps (en minutes) que chaque personne pense mettre pour réaliser l’avion (notez-le sur un tableau ou une feuille).
  • Pour chaque personne qui termine, notez le temps et l’écart par rapport au temps estimé.
  • A la fin, donnez un nombre de Story Points pour cet avion (un chiffre de valeur moyenne de préférence) => il deviendra notre référence.

Deuxième tour (point d’apprentissage : complexité)

  • Montrer un deuxième avion, mais pas encore ses instructions. Par exemple : tour 2
  • Demandez combien de points on peut lui donner par rapport au premier et notez-le.
  • Donnez les instructions de pliages.
  • A la fin, faire un tour de table pour discuter de l’écart de chiffrage entre le premier et le deuxième avion.

Troisième tour (point d’apprentissage : l’inconnu)

  • Montrer un troisième avion et préciser qu’il manque des instructions. Par exemple : tour 3

ATTENTION : Il doit manquer au moins une instruction sur la feuille d’instruction ! (instructions complètes)

  • Demandez combien de points on peut lui donner par rapport aux autres et notez-le.
  • Donnez les instructions de pliages.
  • A la fin, faîtes un tour de table pour discuter de l’écart de chiffrage entre ce dernier et les deux précédents. Profitez-en pour mettre en avant la part d’inconnu de cet avion.

Quatrième tour (point d’apprentissage : répétitivité/effort nécessaire)

  • Montrez un quatrième avion. Par exemple : tour 4
  • Précisez qu’on le veut N fois (N représentant le nombre de participants multiplié par 3) mais que c’est un objectif d’équipe. Certaines personnes peuvent donc faire plus d’avions que d’autres suivant leur rapidité, tant qu’on a N avions à la fin du temps.
  • Demandez combien de points on peut donner à la tâche par rapport aux autres.
  • Donnez les instructions de pliage.
  • A la fin, faîtes un tour de table pour discuter de ce que la répétitivité d’une tâche a changé dans leur chiffrage.

Debrief

howdoi Pour résumer les points d’apprentissage de l’exercice :
* Le story point représente un mélange entre complexité de la tâche, répétitivité (effort nécessaire) et part d’inconnu.
* Un Story point ne représente pas la même durée pour tout le monde.
* On ne cherche pas à chiffrer de manière précise, on ne sait pas faire.

Comme tout serious game, le debrief est très important, puisque c’est le moment d’expliquer en quoi le jeu qui vient d’être fait va servir dans le fonctionnement de l’équipe. Il faut donc faire la transition entre le monde du jeu et des avions de papier, vers l’utilisation des nouvelles notions apprises dans le contexte du produit sur lequel travaille, ou travaillera, votre équipe.

PS : Si vous aimez les avions de papier, vous pouvez en trouver sur funtastique.fr









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