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Retour sur Codemotion Spain 2015

codemotionLes 27 et 28 novembre derniers a eu lieu, à Madrid, la 4ème édition de Codemotion Spain, la conférence pour les développeurs et l’événement IT le plus important d’Espagne. Il rassemble plus de 1900 personnes, 30 communautés et non moins de 130 conférences et ateliers pratiques. Le programme complet de Code motion 2015 est disponible ici.

Contrairement à d’autres conférences, Codemotion ne se focalise pas seulement sur une stack technique en particulier, mais elle rassemble toutes les communautés et technologies du marché. On y retrouve ainsi des tracks Java, .Net, PHP, etc… C’est donc un événement parfait, que ce soit pour approfondir des sujets que l’on connaît, ou pour partir à la découverte d’un nouvel univers.

Voici un petit retour de mon expérience sur cette conférence !

 

Étant d’origine espagnole, et après avoir assisté à Devoxx, je me suis lancée pour proposer deux sujets en compagnie d’un ami, qui est également développeur java. Finalement, nous avons était retenus pour notre atelier pratique sur Java 8. D’autres oratrices, comme Katia Aresti, Mathilde Lemée ou Julia Mateo, membres de Duchess France, ont également participé à cette édition.

 

Love your tests – Joaquin Engelmo

 

On nous répète toujours qu’il faut faire des tests, que c’est bien pour la santé de l’application, que c’est bon pour nos clients et pour nous. Dans cette conférence, Joaquin nous a présenté comment les faire correctement. Nous avons appris à créer des données pour éviter que les tests échouent quand on ajoute un nouveau champ sur une entité, nous épargner des assertions qui n’ont pas de sens, bien nommer les méthodes de tests et avoir une structure qui rende les tests lisibles et facilement compréhensibles. Toutes ces démonstrations ont été effectuées sur le code réel de la société de Joaquin, Tuenti, un opérateur virtuel. Au final, cette conférence a pu donner des astuces qui auront inspiré les débutants et rassuré les plus expérimentés, le tout très bien présenté avec ce qu’il faut d’humour.

Vous pouvez retrouver les slides ici, et la conférence là, si vous parlez un peu espagnol.

 

 

Blues – Chema Alonso

 

Chema Alonso, CEO de Eleven paths, est considéré comme l’un des meilleurs hackers du monde et est un orateur mondialement reconnu. “Blues” est la troisième partie d’une trilogie de conférences sur la sécurité dont il a présenté les précédentes parties à CodeMotion en 2013 et 2014.

A cette occasion, Chema nous a montré comment un policier informatique pourrait faire pour détecter des applications mobiles frauduleuses et retrouver les développeurs qui sont derrière celles-ci. Il s’agit d’un projet qui s’inspire du ‘collect it all’, mis en place par le service d’intelligence anglais, dont le but était d’analyser ce qu’il se passait sur les réseaux d’Angleterre après avoir stocké les données qui y transitaient.

Chema et son équipe ont fait plus ou moins la même chose mais dans le monde des applications mobiles. Pour chaque application publiée, on en récolte toutes les informations : l’information générale, les permissions, les liens, les adresses électroniques, les données du certificat, les données du développeur, les commentaires des utilisateurs… bref tout. Toutes ces informations sont ensuite stockées dans une base de données et indexées afin qu’un analyste puisse rechercher en temps réel par n’importe quel paramètre.

Tout ce système s’appuie sur une architecture basée sur le cloud computing, qui utilise des technologies open source pour la recherche d’applications : une base de données Mongo et une plate-forme avec Elastic Search.

Chema a réalisé plusieurs démonstrations sur la manière d’utiliser ce logiciel, qui ont reçu beaucoup d’applaudissements de la part du public. Vous pouvez retrouver la conférence ici.

 

J’ai raté ma carrière, j’ai 30 ans et je continue à développer – Katia Aresti

Dans ce talk, Katia Aresti encourage les développeurs à continuer d’être les artisans du code malgré les préjugés existants en Europe sur les développeurs qui, au-delà de 10 ans d’expérience, continuent à programmer. En réalité, le talk s’adresse plus largement à toutes les personnes passionnées par la technique. Katia donne également des conseils pour réussir sa carrière et pour ne pas succomber à la tentation de devenir “manager”, “chef de projet” ou “commercial”, si la raison de ce choix n’est pas la passion pour le management, mais seulement car c’est le chemin logique qui nous a été vendu pour progresser et réussir dans la vie.

Grâce à son talk basé sur l’humour, avec un message inspirant et motivant, cette développeuse, et membre de l’équipe Duchess France, a réussi à mettre en valeur notre métier. Le public s’est beaucoup identifié aux exemples et situations que Katia a décrits. Voici les 3 points à retenir si vous êtes passionnés de la technique et que vous souhaitez y rester tout en vous améliorant :

  • Ne jamais arrêter de coder : pour rester toujours agile au niveau du développement et ne pas perdre de compétence, il faut rester sur le terrain et continuer à coder.
  • Prendre la responsabilité de sa carrière professionnelle : s’occuper de sa propre carrière, même si nous travaillons dans des organisations qui à priori s’occupent de nous envoyer en formation, il est très important de ne pas déléguer cette responsabilité. Avoir l’habitude de faire de la veille technologique, rester informé et assister aux conférences, car ce sont des choses qui nous concernent directement.
  • Donner à la communauté : ne pas hésiter à participer à des rencontres avec d’autres professionnels du secteur, écrire des articles ou préparer des workshops pour partager ses connaissances. Ce sont des activités qui demandent du temps et que l’on fait gratuitement mais qui, en retour, offrent une récompense souvent inimaginable.

 

La persistance a des limites – Emma Sesmero et Blanca Hernandez

 

Emma Sesmero et Blanca Hernandez ont exposé les différents problèmes qu’elles ont rencontrés au niveau de la couche de persistance. Sur deux exemples concrets, un avec OpenJPA et un autre avec Mongo, elles montrent qu’un mauvais choix peut coûter cher. La conférence ne rentre pas trop dans le détail mais se focalise sur les leçons que nous devons en tirer. La plupart du temps, cela peut paraître évident, mais nous ne devons pas oublier que les technologies plus récentes et faciles à utiliser ne sont pas toujours les meilleurs choix. Il ne faut pas succomber aux sirènes de la mode et du marketing technique mais bien étudier la documentation de la technologie que l’on veut mettre en place pour valider qu’elle s’adapte vraiment aux besoins de notre projet.

Vous retrouverez les slides ici et la conférence là.

 

Help ! I need more women – Laura Morillo-Velarde, Ana Fernandez et Marina Lorenzo

 

Combien de fois, nous qui travaillons dans le secteur de l’IT, nous sommes nous posés la question de savoir pourquoi il y a tellement peu de femmes, spécialement dans les domaines techniques ? La conclusion rapide est simplement que les femmes n’aiment pas l’IT. Cette réponse, qui semble vraie, est aussi trop facile. Les oratrices nous invitent à aller plus loin et à nous demander “pourquoi elles n’aiment pas l’IT, particulièrement dans la société occidentale”.

En s’appuyant sur des données et des études sérieuses, l’une des raisons principales abordée par Laura, Ana et Marina, est le manque de référents féminins dans notre milieu.

En effet, avoir des référents que l’on admire ou dans lesquels on peut se refléter, est souvent l’un des déclencheurs pour que, nous, êtres humains (et femmes en particulier), nous intéressions à quelque chose. Et c’est justement en s’intéressant, que l’on peut savoir si l’on aime ou pas. La réalité est donc qu’en occident, par manque de référents, les femmes ne s’intéressent pas à l’IT, contrairement à d’autres disciplines scientifiques comme la médecine ou la biologie où l’on retrouve de nombreux rôles modèles.

Par des exemples précis, les oratrices nous expliquent que les référentes sont celles qui sont autour et près de nous ainsi que dans les médias. Et si le profil “dev geek et/ou génie” fait partie des stéréotypes masculins, c’est parce que les hommes ont aujourd’hui, dans les métiers du numérique, beaucoup plus de choix pour trouver leurs référents tandis que les femmes en ont très peu (voir “the girl with the dragon tatoo”). Il existe tout de même des personnes qui arrivent à se “surpasser” et à s’y intéresser sans avoir de référents, mais cela reste malheureusement trop rare.

Les conséquences ne sont pas anodines : dans un monde du numérique, qui est un des secteurs ayant le plus d’avenir, les femmes restent mise à l’écart alors qu’elles représentent encore la catégorie subissant le plus haut taux de chômage. La situation ne semble pas tendre vers l’amélioration.

De plus, en ne diversifiant pas ses acteurs, l’industrie de l’IT n’utilise pas tout le talent et la créativité nécessaire pour offrir des produits adaptés aux 100% des clients potentiels.

Le but de la conférence était de montrer que pour avoir une société innovante, riche et égalitaire, nous devons faire l’effort de favoriser l’incorporation des femmes dans le milieu IT, en mettant en lumière les femmes techniques et en créant des rôles modèles divers.

De très intéressantes réflexions ont été partagées par ces trois femmes, excellentes communicatrices, qui étaient écoutées par une majorité masculine et qui ont réussi à transmettre leur message à l’aide de personnages connus de tous et d’exemples très familiers que le public a particulièrement appréciés. Bravo !

Vous pourrez retrouver les slides ici.

 

Building and deploying a distributed application with Docker, Mesos and Marathon – Julia Mateo 

 

Un atelier pour s’initier au monde de Docker et Mesos, deux technologies qui sont en train de révolutionner la communauté DevOps en ce moment. 1h45 pour créer un cluster Mesos from scratch, dockerizer une webapp écrite en Go et la déployer sur Mesos en utilisant Marathon.

La salle était pleine 15 minutes avant l’heure prévue. Julia a très bien préparé cet atelier qui permet aux débutants de découvrir ces frameworks et de faire les premiers pas pour mettre en place le déploiement continu. Le contenu est très intéressant, dense pour à peine 2 heures d’atelier, mais les participants, même les plus débutants, ont pu avancer sans souci. Le contenu est très utile et très bien guidé, avec des “troubleshooting” documentés pour arriver à se débloquer en autonomie en cas d’erreur. Le tout sans connexion WIFI grâce à la mise à disposition de clés usb contenant tout le nécessaire dans une image Virtual Box. Avec un peu de chance, les futurs participants à Devoxx 2016 pourront peut-être le refaire !

Vous pouvez retrouver les slides ici.

 

Atelier Java 8 – Denis Simon Soneira et moi

 

J’ai proposé cet atelier avec Denis Simon Soneira, un ami et collègue, développeur Java depuis 10 ans. Nous nous étions inspirés d’un autre atelier sur Java 8 auquel nous avions déjà assisté à Devoxx 2015. Nous souhaitions faire quelque chose du même genre, un atelier très pratique qui, à travers des exercices et du code, permettrait d’apprendre et de se plonger rapidement dans les nouvelles fonctionnalités de cette version de java. Pour le préparer, nous avons d’abord sélectionné les sujets que nous voulions traiter en priorité :Workshop Java 8 - 1

  • les expressions lambdas
  • la nouvelle api Collections, les streams
  • Les optionals
  • L’api pour les dates et les Files

Une fois les exercices codés et guidés à l’aide des tests unitaires, nous avons préparé une présentation de 15 minutes pour réaliser une introduction théorique rapide.

Le jour J nous sommes arrivés à la salle prévue pour l’atelier et elle était déjà pleine. Nous avons trouvé beaucoup plus du monde que ce à quoi nous nous attendions, étant donné que c’était un des derniers créneaux du samedi après-midi. Les espagnols sont super motivés !

Nous avons distribué quelques clés usb contenant le code, pour aller plus vite, puis j’ai présenté les slides, avant de donner le feu vert aux participants pour commencer à coder.

Les personnes avec un peu d’expérience en Java 8 ont pu avancer plus rapidement mais, globalement, tout le monde Workshop Java 8 - 2a réussi à finir les 3 premiers exercices, ce qui était notre objectif puisque cela constitue la partie la plus bouleversante de java 8.

Concernant mon speech, c’était une bonne expérience, même si j’ai oublié certaines choses que j’avais prévues de dire durant mes répétitions. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, mais je reste plutôt satisfaite du résultat. Le public était très attentif et réceptif et ça fait toujours plaisir.

Vous pouvez retrouver le code de notre atelier ici.

 

 

 

 

Conclusion

 

Je suis très contente d’avoir assisté à Codemotion 2015. J’ai rencontré des gens intéressants et l’expérience en tant qu’oratrice a été très satisfaisante. En tant que développeuse, assister à CodeMotion m’a inspirée pour présenter d’autres sujets ailleurs et, au passage, j’ai amélioré les statistiques parce que le pourcentage de femmes participantes est toujours assez bas. En plus, c’est une des conférences les moins chères que j’ai connu (50€ le billet).

Quant à l’organisation, certains aspects logistiques restent à améliorer, comme par exemple la mise en place d’un vestiaire, pour éviter de devoir passer la journée avec son manteau sous le bras. Les keynotes ont aussi été un peu ratées, puisqu’elles étaient prévues sur des créneaux trop courts (15min) et que les speakers n’ont pas su respecter le timing trop serré. Par conséquent le public a dû quitter la salle avant la fin afin de pouvoir assister aux conférences de la journée. Après un début difficile, il faut souligner que le planning des séances était bien conçu avec de vraies pauses qui permettaient d’arriver à l’heure au créneau suivant, et même de boire un café et “net-worker” en tranquillité !

Maintenant je suis prête pour Devoxx 2016 !

 

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COMMENTAIRES 1 commentaire

  1. […] expliquée dans l’article de CodeMotion écrit par Aurea Muñoz au sujet de la conférence « Help I need more Women », donc je ne m’étalerai pas sur ça […]

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